« Astrid Bromure, tome 1 : Comment dézinguer la petite souris » de Fabrice Parme

Quatrième de couverture

Astrid vient de perdre une dent, et découvre à cette occasion la légende de la petite souris… les versions proposées par son entourage différent tellement qu’elle n’en croit pas un mot. Pour le prouver, elle décide de mettre en place de savants pièges pour la capturer, échoue mais… Stupéfaction : la petite souris lui a déposé un tube de dentifrice sous son oreiller. Elle existe donc ! Astrid extrêmement motivée va tout faire faire pour résoudre le mystère du dentifrice et capturer sa première amie.

Mon résumé

« Astrid Bromure, Comment dézinguer la petite souris » (Editions Rue de Sèvres)

___Petite fille de bonne famille, Astrid Bromure habite dans une demeure luxueuse, perchée au sommet d’un building en plein coeur de New-York. Durant l’absence de ses parents, la riche héritière se voit confiée aux bons soins de Madame Dottie et Benchley, respectivement gouvernante et majordome de la maison. Fille unique et sans amis, Astrid cherche désespérément un moyen de tromper son ennui et sa solitude.

___La chute imminente de l’une de ses dents de lait devient très vite l’occasion rêvée d’apporter enfin un peu de sel à son après-midi. Sitôt constaté, la maisonnée entière est avertie du petit évènement, et, une fois la dent sortie de son logis, on encourage la fillette à la glisser sous son oreiller en prévision du passage de la petite souris.

___Mais l’enfant gâtée a de sérieux doutes quant à l’existence réelle du prétendu rongeur. Astrid n’en démord pas : cette histoire abracadabrantesque de petite souris relève clairement de la pure invention. Un sentiment rapidement renforcé par les explications bancales que lui livrent ses deux gardiens. Devant l’incohérence et la contradiction manifeste des différentes versions proposées par la gouvernante et le majordome, Astrid renvoie les deux fabulateurs dos à dos et se lance dans sa propre enquête. Le gigantesque appartement ne tarde pas à devenir le théâtre d’une traque sans merci visant à débusquer le repère de la petite souris (en supposant qu’elle existe !).

___Afin de l’aider dans cette entreprise, Astrid espère compter sur la contribution de ses deux fidèles compagnons : un chat dénommé Gatsby (modèle super luxe option pattes de velours, malheureusement réglé pour ne plus distinguer que deux proies : les croquettes et la pâtée en boîte) ainsi que sur le flair de son chien Fitzgerald (détecteur infaillible… de trous de golf). Mais ne vous fiez pas aux apparences ! Derrière ce visage d’ange, se cache en effet une jeune fille obstinée et pleine de ressources ! La petite souris n’a plus qu’à bien se tenir !

  • Mon opinion

★★★★☆

___Après avoir collaboré sur différents projets, c’est en solo que Fabrice Parme inaugure une nouvelle série jeunesse aux éditions Rue de Sèvres. Derrière ce titre aussi excentrique qu’intriguant, se cache une jeune héroïne pétillante et pleine d’esprit, bien déterminée à ne pas se laisser mener en bateau par les adultes et leurs histoires à dormir debout !

On se laisse volontiers porter par la bonne humeur et le grain de folie de cette aventure acidulée et pleine de mordant ! A partir d’une trame a priori très enfantine, Fabrice Parme construit en effet une intrigue inspirée et dynamique qui multiplie avec brio les rebondissements et les pirouettes scénaristiques. Recelant de bons gags (parfois à la limite de l’anthologie !) et de dialogues assaisonnés absolument irrésistibles de drôlerie,  ce premier tome se distingue de fait aussi bien par son univers original à souhait que par l’inventivité des situations qu’il propose !

« Astrid Bromure, Comment dézinguer la petite souris » (Editions Rue de Sèvres)

___Côté illustrations, les mordus de séries d’animation reconnaîtront sans peine le trait stylisé du créateur graphique de La famille Pirate. Le trait fin et dynamique de Fabrice Parme s’inscrit parfaitement dans la veine des cartoons produits par les studios Hanna-Barbera (Les Fous du volant, Les Pierrafeu…), pour le plus grand bonheur des nostalgiques des dessins animés des années 60. S’appuyant sur une mise en page astucieuse, un décorum raffiné et des teintes en aplats pastel, l’auteur offre un écrin de premier choix à ces personnages décalés et leurs péripéties truculentes, croqués avec beaucoup d’humour et de tendresse.

___Avec son héroïne impertinente et un brin peste ainsi que son univers à la fois désuet et décalé, Fabrice Parme prend donc définitivement le contre-pied des archétypes traditionnels du genre. Malgré un format serré (une trentaine de pages à peine), l’auteur parvient à créer un univers complet et plein de caractère, dans lequel s’anime une poignée de personnages hauts en couleurs et attachants !

___Inventive et espiègle, les péripéties de notre jeune héroïne ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les pitreries du personnage emblématique de la petite Sophie imaginée par la Comtesse de Ségur. Mais si la curiosité est parfois considérée comme un vilain défaut, l’opiniâtreté de la jeune chipie et sa détermination acharnée à trouver des réponses à ses questions existentielles lui permettront de mettre à jour une véritable machination, ainsi que de pallier (momentanément) au sentiment de solitude engendré par l’absence de ses parents.

___Au-delà de l’aventure irrésistible d’effronterie et de drôlerie qu’il propose, ce premier tome qui revisite avec malice la légende populaire de la petite souris, est en outre l’occasion de glisser au passage un message intelligent. Sans sombrer dans un ton trop moralisateur qui plomberait la légèreté de l’intrigue, Fabrice Parme épingle ainsi avec humour les publicitaires dont il dénonce les méthodes fallacieuses et critique l’endoctrinement de masse exercé à jet continu par les médias. Le tout mené dans la bonne humeur, et en égratignant habilement au passage notre société de (sur)consommation.

C’est dans un décor luxueux et un brin décalé, orné d’une ambiance désuète évoquant l’entre-deux-guerres que Fabrice Parme a choisi de planter le décor de sa première production en solo. Derrière son visage d’ange, la nouvelle héroïne des éditions Rue de Sèvres a des allures de sale môme ! Mais l’enfant gâtée se révèle très vite aussi espiègle et futée qu’attachante ! Dans cette première aventure, l’intrépide Astrid se lance sur les traces de la petite souris au cours d’une enquête drôle et pleine de malice. Loin de se casser les dents sur une trame a priori très enfantine, Fabrice Parme échafaude au contraire un scénario dynamique et riche en rebondissements inattendus !

De par son atmosphère délicieusement désuète, son héroïne attachante et le sens caché du message véhiculé, cet album, orienté jeune public, saura sans nul doute également conquérir le coeur des lecteurs plus âgés !

Fabrice Parme planche d’ores et déjà sur la suite des aventures de la petite chipie. Intitulé « Comment atomiser les fantômes », la parution du deuxième volet est annoncée pour la fin de l’année. On devrait donc très vite avoir de nouvelles aventures à se mettre sous la dent !

Je remercie les éditions Rue de Sèvres pour cette belle découverte!

  • Extraits

« Astrid Bromure, Comment dézinguer la petite souris » (Editions Rue de Sèvres)

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3 réflexions sur “« Astrid Bromure, tome 1 : Comment dézinguer la petite souris » de Fabrice Parme

    • Le dessin est vraiment chouette ❤ (tout à fait dans la veine des dessins animés "Les fous du volant" ou les "Pierrafeu" que j'adorais étant plus jeune ^^) et je me suis régalée à suivre les péripéties de cette jeune Astrid Bromure dont j'attends la suite des aventures avec grande impatience ! 🙂

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