« Les enfants d’Evernight, tome 1: De l’autre côté de la nuit » de Mel Andoryss

 

 

 

 

 

 

Résumé

___Pour échapper à la pension, Camille fait un voeu à la veille de son treizième anniversaire, avant de s’endormir : ne plus jamais se réveiller. Lorsqu’elle rouvre les yeux, elle découvre que son souhait s’est réalisé. La voici à Evernight, le monde des rêves. Perdue dans cet univers étrange, elle rencontre le Marchand de sable. Malgré le soutien que lui apporte le jeune homme, Camille comprend qu’elle n’est pas la bienvenue : aucun humain n’est toléré à Evernight !

A l’image de Camille qui semble totalement perdue dans ce monde inconnu, Ne reste plus qu’à prendre notre mal en patience

Mon opinion

★★

___Premier tome d’une série de roman adaptée de la bande-dessinée éponyme, « Les enfants d’Evernight » nous propulse dans un univers foisonnant et pétri d’originalité qu’il est difficile de ne pas rapprocher de celui de « Alice au Pays des Merveilles » tant les références à l’oeuvre de Lewis Carroll émaillent le récit. Du prénom de l’héroïne, Camille (presque un anagramme d’Alice) au pays de Riorim (lisez « miroir » à l’envers), sans oublier les « montres du sommeil », objets clés du monde d’Evernight (et que l’on peut rapprocher de la montre à gousset du lapin de « Alice… »), autant de clins d’oeil plus ou moins dissimulées que l’on prend un malin plaisir à dénicher (et j’ai dû passer à côté de pas mal d’autres références !).

___A ceci s’ajoutent des personnages secondaires faisant plus ou moins directement écho aux protagonistes loufoques de Lewis Carroll, et qui viennent ainsi compléter un hommage aussi réussi qu’intelligent.

___Pourtant, loin de faire des « Enfants d’Evernight » une pâle réécriture d’ « Alice au Pays des Merveilles », Mel Andoryss a réussi la tâche délicate et périlleuse de s’inspirer librement du roman de Lewis Carroll afin de servir de terreau à un récit inédit et dont l’univers fantaisiste n’a rien à envier à celui de l’oeuvre originale.

___N’ayant a priori rien en commun avec le monde réel, Evernight apparaît comme un univers singulier dans lequel les humains ne sont guère les bienvenus. Seuls trois enfants sont ainsi autorisés à y séjourner ; et pour cause, ils ont chacun un rôle primordial dans le fonctionnement de la cité Evernightienne.

___Parmi eux, il y a d’abord Mathias, surveillant des montres du sommeil dans le Palais du Temps dont il a la responsabilité. Bien que se faisant relativement discret dans ce premier tome, on comprend dès le début du roman qu’il tient un rôle capital dans toute l’intrigue. A ses côtés, évoluent deux fortes têtes aux caractères diamétralement opposés, donnant naissance à un duo explosif dès lors qu’ils sont mis en présence l’un de l’autre. D’un côté, on trouve ainsi l’obscure North, créatrice et maîtresse de l’usine d’Aguarian (qui exploite l’eau des cauchemars pour en tirer de l’énergie). Accompagnée de son Tulpa (une sorte de tatouage mobile, de la même nature que les cauchemars (encore appelés Egrygors dans le monde d’Evernight) qui se déplace sur sa peau et dont le contrôle lui confère un grand pouvoir), c’est une jeune fille travailleuse et disciplinée (tout le contraire de Maximilien avec lequel elle entretient des rapports pour le moins conflictuels). Le dernier membre venant compléter ce trio est en effet un jeune garçon aussi insolent que provocant, occupant la fonction de Marchand de Sable à Evernight et chargé quant à lui d’exploiter l’énergie des rêves. Cet électron libre, hostile à toute forme d’autorité, donne en permanence du fil à retordre à Mac Claw, un tigre à la carrure imposante, responsable de l’Ordre d’Evernight.

___En effet, la société d’Evernight est régie par des codes, une hiérarchie ainsi que des règles de fonctionnement bien précises que le lecteur appréhende progressivement au fil de sa lecture.

___L’arrivée de Camille va ainsi bouleverser l’équilibre d’Evernight, d’autant plus des évènements potentiellement désastreux pour la cité ne vont pas tarder à s’enchaîner en sa présence.

___Mais outre l’univers riche et formidablement exploité, j’ai également été charmée par l’écriture de Mel Andoryss à la plume alerte et très imagée. Le style, relativement bien travaillé pour un roman jeunesse, se révèle d’une fluidité parfaite, enchaînant sans accroche dialogues et parties narratives.

___Le récit ne manque pas de dynamisme, notamment grâce aux interventions de Max, toutes plus désopilantes les unes que les autres. Impossible de ne pas céder au charme de ce jeune garçon provocant à l’humour grinçant et aux réparties bourrées de sarcasme. Et si ses commentaires cyniques auraient facilement pu devenir agaçant sur la longueur, force est de constater que l’auteure a réussi à trouver le dosage parfait. En sa présence, les dialogues sont décapants (ses prises de bec systématiques avec North et Mac Claw sont tout simplement jubilatoires), insufflant un dynamisme nouveau à une intrigue parfois opaque pour le lecteur.

___Car si on se laisse sans difficulté porté par l’univers onirique et la plume enchanteresse de Mel Andoryss, il est incontestable que ce premier tome fait davantage figure de tome d’introduction, permettant tout juste au lecteur de se familiariser avec le monde d’Evernight et à l’auteure de mettre en place les bases d’une intrigue plus complexe dont il est pour l’heure difficile de saisir tous les tenants et les aboutissants.

___On peut ainsi regretter que Mel Andoryss n’ait pas poussé les fils de son intrigue plus loin dans ce premier opus. Si elle parvient sans mal à capter l’intérêt de son lecteur, de nombreuses questions restent cependant en suspens. Néanmoins, la richesse de l’univers proposé et la galerie de personnages haute en couleur qui l’accompagne laissent présager une suite très prometteuse… que je me ferai une joie de découvrir si j’en ai l’occasion !

Je remercie Livraddict et les éditions Castelmore pour ce partenariat 🙂

En Bref

___On aime : Un univers foisonnant, à la frontière entre « Alice au pays des merveilles » et « Peter Pan », formidablement exploité et remarquablement mis en valeur par une galerie de personnages hauts en couleurs. La plume de l’auteure, très imagée permet au lecteur d’imaginer sans peine le monde d’Evernight. La narration est dynamique, notamment grâce au personnage de Max dont l’insolence et sa tendance à rejeter toute forme d’autorité donnent lieu à des scènes et à des dialogues d’anthologie.

___On regrette : Un premier tome qui fait figure d’introduction et dans lequel Mel Andoryss met en place les bases de son intrigue sans que le lecteur ne puisse encore en saisir véritablement tous les enjeux. Si l’auteure distille bien quelques indices et quelques explications, de nombreuses questions restent néanmoins en suspens au terme de ce premier opus et c’est tout juste si le lecteur a eu suffisamment d’éléments pour se familiariser avec le monde d’Evernight et en comprendre la mécanique générale. Le personnage de Camille manque pour l’heure d’envergure, éclipsée par les autres protagonistes, plus charismatiques.

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