« Golden Dogs, tome 1: Fanny » de Stephen Desberg et Griffo

 

 

 

 

 

 

Résumé

Nous étions quatre, Et le monde nous appartenait. Nous étions inséparables. Parce que la vie et ses épreuves nous avaient forgés. Et soudés. Parce qu’ensemble, nous étions Les meilleurs. Les Golden Dogs. Les meilleurs voleurs de Londres. Nous étions quatre. Mais il y avait un traître parmi nous. Et c’est ainsi que tout s’est terminé !

Mon opinion

★★

___Dans leur nouvelle série prévue en 4 tomes, Griffo et Desberg proposent au lecteur une plongée dans les bas-fonds de Londres du XIX° siècle, offrant ainsi un terreau de choix à la mise en scène d’une intrigue relatant l’ascension de quatre jeunes gens dans le milieu du banditisme.

___Situant leur intrigue en 1820, à une époque où la misère et la violence côtoient la richesse excessive, les auteurs imprègnent leur récit d’une atmosphère lourde et oppressante dès les premières pages.

___On découvre une capitale anglaise en effervescence, théâtre d’une lutte des classes virulente, incarnée par l’affrontement entre bandes de hors-la-loi et représentants de la justice, bien décidés à rétablir l’ordre dans la ville. Dans la ligne de mire du haut-commissaire Malcom Blair et du juge Aaron, il y a notamment les leaders de la pègre, la tristement célèbre bande des Black Birds (menée par les Harlow Twins), brutes épaisses et sanguinaires qui sèment la terreur et font trembler le pavé londonien.

___C’est au coeur de ce décor peu reluisant, dans une taverne malfamée, que vit Fanny, une jeune prostituée d’à peine 16 ans. Débarquée à Londres quelques années plus tôt pour fuir un père meurtrier, sa vie bouscule le jour où elle fait la connaissance de James Orwood, un jeune homme ambitieux aux allures de dandy, qui projette de constituer une équipe de voleurs susceptible de rivaliser avec les Black Birds et leur permettre de faire fortune. Il voit en Fanny une équipière potentielle qui pourrait user de ses charmes afin de servir leurs intérêts.

___En dépit du fossé qui les sépare, nos quatre voleurs amateurs vont ainsi devoir rapidement s’accorder une confiance mutuelle aussi aveugle qu’infaillible. Le succès de leur association de malfaiteurs reposant essentiellement sur leur capacité à se serrer les coudes et leur sens de la loyauté. Pourtant, dès le début, on sait qu’un traitre se dissimule parmi eux, annonçant d’ores et déjà de belles acrobaties scénaristiques en perspective.

___A l’image de nos quatre héros qui savent peu de choses les uns des autres, le lecteur ne connaît rien du passé plus ou moins trouble des protagonistes. Si dans ce premier tome, centré sur le personnage de Fanny, les scénaristes distillent bien quelques éléments relatifs au passé de la jeune femme, de nombreuses questions restent cependant en suspens. Comme Fanny, le lecteur n’a donc d’autre choix que de suivre aveuglément la bande de truands sans savoir ce que le destin leur réserve ni quelles révélations vont venir ébranler l’architecture du récit faisant voler en éclat toutes nos certitudes.

___Pourtant, à trop vouloir jouer la carte de l’opacité, en ne distillant les indices qu’au compte-gouttes, les auteurs finissent par ne rien divulguer du tout. Cet excès de mystère aboutit à une histoire qui tourne en rond, sans avancée notable, et finit par frustrer le lecteur.

___Car si l’ambiance de l’époque est parfaitement bien restituée, nous plongeant dans un Londres victorien plus vrai que nature, l’intrigue en elle-même peine à véritablement démarrer, et les auteurs ne parviennent pas à l’exploiter dans tout son potentiel.

___L’histoire fourmille de bonnes idées sans que ces dernières ne soient jamais véritablement creusées.Je m’attendais par exemple à assister à un affrontement plus virulent entre les deux bandes rivales, ce qui aurait permis d’insuffler davantage de rythme à l’histoire. De la même manière, les forfaits perpétrés par le quatuor manquent de génie et d’ambition pour susciter l’admiration du lecteur et pleinement convaincre.

___La galerie de personnages mise en scène ne manque pourtant ni de charme ni de potentiel. Outre le charismatique James Orwood, aux airs de dandy, et l’envoûtante Fanny, clé de voûte de ce premier tome, le quatuor comprend également Lario, un castrat maniant parfaitement l’arme blanche et Lucrèce, une ex-détenue en cavale.

___Mais difficile pour le lecteur de s’attacher à des personnages tout juste esquissés et dont il ignore tout. Les protagonistes manquent finalement de profondeur pour pleinement nous convaincre et l’intrigue, pétrie de bonnes idées et de révélations latentes, en est encore dans ses balbutiements.

___Le scénario pâtit en outre d’une construction parfois maladroite avec une narration manquant à mon sens de fluidité, alourdie par des procédés stylistiques qui casse le rythme d’une intrigue qui en manque déjà considérablement. Les rares scènes d’action (notamment à la fin) semblent dès lors précipitées et dénotent fatalement avec le rythme global de l’intrigue.

Malgré des atouts évidents et tous les éléments indispensables pour bâtir une excellente histoire, les auteurs n’ont pas su concrétiser toutes les promesses portées par ce premier opus qui fait d’avantage figure de tome d’exposition d’une intrigue dont les rouages échappent encore au lecteur.

Les lenteurs redondantes et les révélations latentes se multiplient, finissant par plomber l’intrigue. Les personnages tout juste effleurés ont du mal à capter l’attention du lecteur et à éveiller son empathie. Un constat d’autant plus regrettable qu’avec une idée de départ aussi séduisante et servie par une ambiance victorienne aussi maîtrisée que bien restituée, l’histoire ne manquait pourtant pas de potentiel.

Ainsi, si les amoureux de l’époque victorienne apprécieront à coup sûr l’atmosphère typique, les aficionados des récits bourrés d’aventure et de rebondissements resteront quant à eux sur leur faim. Car en imprégnant leur récit d’un mystère excessif, les auteurs jouent avec les nerfs de leurs lecteurs qui devront donc s’armer de patience pour pleinement apprécier une intrigue qui manque pour l’heure de conviction. Un démarrage timide qui reste à confirmer.

Merci à Babelio et aux éditions Le Lombard pour cette découverte ! 🙂

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