« Le pays des contes, tome 1 : Le sortilège perdu » de Chris Colfer

 

 

 

 

 

 

Résumé

Il était une fois, dans une ville parfaitement ordinaire, des jumeaux prénommés Alex et Conner… Le jour où leur grand-mère leur offre un livre ancien, Le Pays des contes, leur vie plutôt morose change du tout au tout. Et pour cause! Ce grimoire se révèle magique et les transporte dans un univers où les contes sont devenus réalité. Sauf que ce monde est beaucoup moins merveilleux que celui des belles histoires qu’ils ont lues. Boucle d’Orest une criminelle recherchée, Blanche Neige dissimule un lourd secret, et le Petit Chaperon Rouge n’a même plus peur du loup. Pour rentrer chez eux, Alex et Conner n’ont qu’un seul moyen : rassembler huit objets magiquescomme la pantoufle de Cendrillon ou encore des cheveux de Raiponce, tout en tentant d’éviter les foudres de la Méchante Reine. Car cette dernière semble avoir un plan machiavélique qui pourrait bien piéger les jumeaux dans cette étrange contrée. À tout jamais.

L’auteur

Chris Colfer est un acteur, chanteur, scénariste, écrivain et producteur américain principalement connu pour son rôle de Kurt Hummel dans la série « Glee » et pour lequel il a remporté un Golden Globe. En 2011, il figure dans le « Time 100 », la liste des cent personnes les plus influentes au monde selon le Time magazine. En 2012, il publie son premier roman, à destination d’un jeune public, « The Land of Stories: The Wishing Spell ». « Struck By Lightning: The Carson Phillips Journal », son second roman, est l’adaptation littéraire du film « Struck by Lightning » dont il a écrit le scénario et dans lequel il interprète également le rôle principal (Carson Phillips).

Mon opinion

★★

___Les fans de la série Glee auront certainement reconnu le nom de Chris Colfer, davantage connu pour ses performances d’acteur qu’en tant qu’écrivain de livres pour enfants. Le fait que ce livre jeunesse soit né sous la plume d’une célébrité n’est pas un détail anecdotique, surtout quand on connaît le succès unanime qu’a rencontré « Le pays des contes » (The wishing spell  en anglais) outre-Atlantique. Dans un tel contexte, il est en effet légitime de s’interroger sur le bien-fondé d’un tel engouement. Pour ma part, n’ayant jamais été une fervente spectatrice de Glee, le nom de Chris Colfer m’était parfaitement inconnu et n’a donc pas influencé ma lecture (même si je suis forcée d’admettre que j’avais quelques préjugés sur le fait de savoir que c’était un acteur qui avait écrit ce livre).

___Malgré ces réserves, force est de constater que Chris Colfer se révèle être un auteur prometteur dans le registre de la jeunesse. Sans aller jusqu’au coup de coeur, « Le sortilège perdu » m’a offert le temps de 400 pages un véritable retour en enfance, à la redécouverte des personnages qui peuplèrent mes toutes premières lectures…

___Dans ce premier opus, nous suivons Alex et Conner, deux enfants de douze ans qui en dépit de leur gémellité, s’avèrent être de vraies antithèses. Si la première est une élève brillante, posée et réfléchie, le second fait davantage figure de bout-en train redoublant de sarcasmes et de répliques cyniques tout au long de leurs péripéties. Cette opposition dans les caractères donne lieu à des scènes rocambolesques durant lesquelles s’affrontent deux philosophies bien différentes en matière de gestion de situation. Ainsi, là où Alex redouble de patience et de persévérance afin de découvrir la clé lui permettant de surmonter la difficulté, son frère Conner quant à lui fait preuve d’un pragmatisme pour le moins déconcertant en vue de trouver une issue alternative lui permettant de contourner l’obstacle. Deux personnalités aussi divergentes que complémentaires qui, en dépit de tout ce qui les oppose et face aux épreuves se dressant sans cesse sur leur passage n’auront de cesse de se serrer les coudes, s’illustrant ainsi par leur esprit de solidarité et leur sens de la loyauté.

Autant de qualités qui vont s’avérer indispensables à la réussite de leur entreprise. Car revenir dans le monde réel va s’avérer plus compliqué que prévu pour les jumeaux. Ces derniers vont en effet devoir se lancer dans une véritable chasse au trésor afin de réunir différents objets indispensables à la réalisation du voeu leur permettant de rentrer chez eux. Une mission non dénuée de risque, qui va les conduire aux quatre coins du pays des contes à la découverte de lieux et de personnalités surprenants !

___Au cours de leur périple, Alex et Conner rencontrent ainsi de nombreux personnages issus des plus célèbres contes pour enfants. Tous ont grandi et muri depuis leur histoire originale. Autant de destins nés de l’imagination fertile de Chris Colfer qui nous sont peu à peu dévoilés à mesure que l’intrigue avance. Cendrillon et son prince attendent leur premier enfant. La Méchante Reine(la belle-mère de Blanche-Neige) est désormais enfermée dans le donjon où elle purge sa peine alors que Blanche-Neige, devenue reine du Royaume du Nord, est déterminée à comprendre quelles étaient les motivations de celle qui tante jadis de la tuer. Boucle d’Or, accusée de cambriolage, de vol et de soustraction à la justice (n’oubliez pas qu’elle s’est introduite par effraction chez les 3 ours !),est depuis devenue une fugitive, recherchée à travers le pays. Quant au Petit Chaperon Rouge, désormais devenue reine de son propre Royaume (qu’elle a modestement nommée « Le royaume du Petit Chaperon Rouge »), elle est maintenant une jeune femme coquette (et un tantinet égocentrique) prête à tout pour séduire son amour d’enfance. Pendant ce temps, la Meute des Grands Méchants Loups(les descendants su premier grand méchant loup) va de village en village afin de terroriser les gens et d’attaquer les voyageurs. Et que les nostalgiques se rassurent, le casting du pays des contes ne s’arrête pas là. La liste des références est encore longue : de Hansel et Gretel à la petite sirène, en passant par Raiponce ou même Jack (de Jack et le haricot magique), tous les (grands enfants) y trouveront leur compte conte (oui, le jeu de mot était facile).

Tous ces personnages vivent dans la promiscuité et interagissent librement les uns avec les autres. Il est ainsi tout à fait cocasse de voir les relations qu’ils entretiennent entre eux.

La direction ainsi inattendue donnée par l’auteur à ces personnages est une des nombreuses réussites de ce roman. Et je regrette d’ailleurs que Chris Colfer n’ait pas poussé la fantaisie plus loin encore. Car si une poignée de protagoniste se démarquent clairement des autres par leur caractère explosif (Boucle d’or, le petit chaperon rouge…), d’autres en revanche conservent l’image lisse et édulcorée qu’ils avaient dans les contes originaux, les rendant bien fades en comparaison.

___Par ailleurs, de par la nature des références qui constituent les fondations de l’histoire, « Le pays des contes » n’échappe pas à certains clichés et stéréotypes inéluctables au genre. Les personnages sont très manichéens et les différentes révélations ou renversements de situation n’en sont pas vraiment pour le lecteur adulte qui devine très rapidement le fin mot de l’histoire.

Cependant, si la trame de fond pâtit malheureusement de facilités scénaristiques à répétitionainsi que d’une prévisibilité parfois désolante,Chris Colfer nous fait bien vite oublier ces faiblesses grâce à une narration dynamique et facétieuse et une créativité forçant l’admiration. Le récit ne pâtit d’aucun temps mort et les péripéties s’enchaînent à grand rythme pour nos deux héros.

___Qui plus est, si sur le fond, l’auteur s’autorise quelques libertés avec les textes originaux (quoique, tout est question d’interprétation !),les fondamentaux et l’âme même des contes d’où il puise son inspiration demeurent intacts. C’est donc à chaque fois envahi par une vague de douce nostalgie que l’on redécouvre un des héros de notre enfance. Et c’est finalement les yeux brillants et le sourire aux lèvres que j’ai refermé le premier tome de cette saga féerique.

Un récit enchanteur à mettre entre toutes les mains !

Procédé en vogue ces dernières années, aussi bien en littérature qu’à la télévision, la réécriture de contes devient dans ce contexte un exercice périlleux au cours duquel faire preuve d’originalité devient de plus en plus compliqué pour les auteurs qui s’y attèlent. Si sur le fond l’intrigue imaginée par Chris Colfer ne renouvelle pas le genre, l’auteur redouble de créativité et d’humour pour mettre son histoire en valeur. Ainsi, loin de se contenter de reprendre et de rassembler machinalement certains éléments des contes célèbres de Grimm ou d’Andersen, Chris Colfer s’est véritablement approprié (au sens noble du terme) les héros de notre enfance pour leur redonner vie le temps d’une aventure. Impossible dès lors de ne pas succomber au charme de l’univers mis en place par l’auteur qui revisite habilement et non sans humour les contes mythiques de notre enfance. En dépit d’une trame scénaristique cousue de fil blanc qui nous rappelle qu’il s’agit avant tout d’un livre destiné à la jeunesse, « le sortilège perdu » n’en demeure pas moins une jolie histoire pleine de rythme et de fantaisie qui ravivera à coup sûr l’âme d’enfant qui sommeille en chacun de nous.

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