« Le viandier de Polpette, tome 1 : L’ail des ours » de Julien Neel & Olivier Milhaud

 

 

 

 

 

 

Résumé

A l’auberge du Coq Vert, les casseroles fument, les portes claquent et les sentiments contrariés sont légion. Au coeur de cette fresque enlevée : Polpette le cuisinier, Fausto le baron propriétaire, Alméria l’employée volcanique et une tribu de furets vindicatifs… Le jour où Fausto apprend l’arrivée de son père, puissant monarque qu’il n’a pas vu depuis ses 7 ans, c’est le branle-bas de combat dans l’auberge…

Les auteurs

__Julien Neel est né en 1976 en banlieue parisienne. Il ne se destinait pas à l’écriture de bd… L’auteur a commencé sa carrière en tant qu’animateur de séminaires en entreprises, en créant notamment des spectacles de marionnettes sur le thème du nouveau management qui connaît un certain succès dans le milieu. Polyvalent, il se reconvertit progressivement dans l’écriture musicale avant de se spécialiser dans la conception-réalisation et compose la série « Lou! » sur la demande du directeur de la direction de bandes-dessinées jeunesse « Tchô! ».

___L’histoire de « Lou! » commence ainsi et Julien reçoit le prix jeunesse du festival d’Angoulême en 2005 pour le premier tome, qu’il recevra à nouveau en 2010 pour le tome 5. Il sort le 6ème tome, « L’âge de cristal », le 28 novembre 2012. 400 000 exemplaires du tome 1 ont été vendus, et la saga est traduite dans plus de 20 pays, dont l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Indonésie, Israël ou encore le Mexique. Une série TV « Lou ! » est diffusée sur Disney Channel, et Julien Neel est en train d’écrire et réaliser l’adaptation cinématographique de « Lou! ».

Olivier Milhaud naît en 1970 à Sète. Il grandit entre les petits plats de sa mère et ceux de sa grand-mère auxquelles il doit son goût pour la cuisine. Après un

bac scientifique, il poursuit des études d’audiovisuel, exerce divers métiers et devient chargé de communication dans une grande banque. Il se consacre aujourd’hui à l’écriture et «Le Viandier de Polpette», qu’il coscénarise, est son premier livre.

Mon opinion

★★

___J’ai découvert Julien Neel il y a quelques années avec la saga « Lou » que je suis avec bonheur depuis le premier tome (une véritable série coup de coeur!). Autant dire que c’est donc un véritable plaisir de retrouver le trait si caractéristique de cet illustrateur au service d’une nouvelle saga et de personnages inédits.

___ « Le viandier de Polpette » est une histoire hors du temps, mêlant références moyenâgeuses, détails contemporains ainsi qu’un soupçon de fantasy. Un assortiment aussi original que déroutant, pourtant, impossible de ne pas succomber au charme du cadre bucolique crée par les auteurs qui nous transportent dans un décor idyllique, isolé au coeur de la campagne, où vit une petite communauté aux personnalités hétéroclites.

  • Fausto est le propriétaire du domaine du Coq Vert où il vit depuis son enfance, sur décision de son père. En effet, alors qu’il s’apprêtait à partir pour une nouvelle guerre et afin de protéger son fils et d’honorer ainsi la promesse qu’il avait faite à sa défunte épouse, le comte de Scaramanda, prit la décision de confier Fausto aux bons soins de monsieur Biryani et de l’envoyer au Coq Vert, un endroit aussi sûr que reculé. Des années plus tard, le jeune Fausto, devenu un homme est donc le propriétaire de ce bastion qui compte désormais de nouveaux habitants. Fausto est un personnage aussi vif qu’excentrique. En dépit de son âge, il a le comportement et l’insouciance d’un petit garçon. Personnage central de ce premier tome, il occupe toute la scène et éclipse les autres protagonistes. Malgré sa naïveté et son égocentrisme, il demeure cependant un protagoniste très attachant et fondamentalement bon dont les lubies et les excentricités prêtent souvent à sourire.
  • Polpette, cuisinier « officiel » du Coq Vert, apparaît comme l’antithèse du comte aussi bien dans le caractère que dans le dessin. Aussi peu loquace et taciturne  que Fausto est excentrique et exubérant, c’est un personnage serein et discret (ne vous fiez d’ailleurs pas au titre de la saga, car Polpette tient finalement un rôle bien marginal dans ce premier tome). A l’inverse de Fausto, il n’a pas toujours vécu en ermite, à l’abri de la vie réelle et a bien connu la guerre. Autant d’épreuves qui ont probablement influencé son caractère. Ces différences se retrouvent également dans le trait adopté pour les dessiner. Polpette est carré et costaud alors que Fausto est frêle et a le visage plus arrondi.
  • Au service du comte Fausto, il y a monsieur Biryani, qui fut son précepteur durant son enfance et qui tient lieu à la fois de conseiller et de majordome. D’une loyauté inébranlable, monsieur Biryani a consacré sa vie à Fausto dont il s’est occupé comme un père de substitution.
  • Parmi les autres habitants, on trouve également la belle Alméria,  au caractère aussi flamboyant que sa chevelure. Responsable des bains de l’établissement, elle se déplace toujours entourée d’une multitude de furets. On sait très peu de choses de ce personnage.

___Comme faisant écho au lieu enchanteur où ils vivent, les personnages passent leur temps à fuir la réalité. Il y a d’ailleurs, à plusieurs reprises, diverses allusions à ce débordement d’insouciance (à travers notamment les références à une menace de guerre par une certaine Tantaranive au nord du pays).

___Cette innocence se ressent jusque dans le scénario, qui m’a paru trop lisse et édulcoré, manquant de tension et de véritables enjeux. S’il y a bien une volonté d’explorer certains thèmes, tels que la relation père-fils ou le sens de l’amitié, cela est fait de façon trop superficielle pour être réellement percutant.

___Car si j’ai eu un véritable coup de foudre pour le cadre, j’ai en revanche été moins convaincue par le scénario  de ce premier tome. En dépit de ses 150 pages, l’intrigue, manquant d’aspérités, évolue trop rapidement et on en apprend finalement peu sur les différents personnages qui ne sont, pour la plupart, qu’effleurés. En effet, si les auteurs nous livrent bien quelques éléments relatifs aux passés respectifs de Polpette et du comte, peu de détails filtrent en revanche quant aux autres protagonistes. Et le nombre limité de planches qui leur sont consacrées ne nous en apprend guère davantage sur eux. Espérons donc que le prochain tome répare cet impair.

__Sur la forme, j’ai trouvé que la cadence de ce premier opus était un peu saccadée. Des scènes débordant d’action succèdent à d’autres plus contemplatives, aboutissant à un récit au rythme en dents de scie. Qui plus est, le fil de l’intrigue est régulièrement interrompu par différentes recettes intercalées tout au long de l’histoire, empêchant le lecteur de se concentrer sur le scénario et cassant inévitablement le rythme. Je regrette d’ailleurs ce choix des auteurs, à mon sens maladroit. Il aurait été d’après moi beaucoup plus judicieux de regrouper toutes ces recettes sous la forme d’une simple annexe à la fin de l’ouvrage. D’ailleurs, j’aurais aimé trouvé de la même manière, des fiches de présentation des différents protagonistes, ce qui aurait permis de pallier au manque d’informations les concernant. J’ai en revanche beaucoup apprécié le plan du Coq Vert figurant dans les dernières pages.

___Malgré ces défauts, j’ai tout de même pris beaucoup de plaisir durant cette lecture, pleine de charme. Le décor et les personnages mis en place ont un vrai potentiel et c’est avec une pointe de regret que l’on quitte l’atmosphère du Coq Vert. Je lirai donc la suite avec plaisir, en espérant que le scénario du deuxième tome se révèle toutefois plus convaincant et nous permette d’en apprendre davantage sur les autres protagonistes.

Si Julien Neel m’a conquise par son coup de crayon si caractéristique et le cadre idyllique qu’il a imaginé, le scénario de ce premier tome m’a, en revanche, moins convaincue. Sur le fond, l’intrigue trop innocente et édulcorée, manque cruellement d’aspérité et d’intensité pour véritablement nous captiver. Sur la forme, elle pâtit d’un rythme en dents de scie où se succèdent scènes contemplatives et d’autres, à l’inverse, beaucoup trop rapides. Les personnages, à l’image de l’histoire, évoluent dans leur voile d’insouciance et, bien qu’ils soient tous attachants, ils auraient gagné à être davantage développés. En dépit de ces défauts (d’ailleurs souvent inhérents à des « premiers tomes » de saga), « Le viandier de Polpette » reste une lecture très agréable et pleine de charme, à l’univers et aux personnages prometteurs. Je lirai d’ailleurs le deuxième opus avec plaisir, en espérant que le scénario se révèlera cette fois plus convaincant et avec l’espoir d’en apprendre davantage sur les personnages.

En Bref

___On aime : Retrouver le style caractéristique de Julien Neel dans un univers totalement différent de celui de « Lou ». Le cadre idyllique imaginé et les personnages ont un charme et un potentiel incroyables. Les protagonistes sont hauts en couleurs, en particulier Fausto dont les excentricités et les lubies donnent lieu à des scènes rocambolesques. On quitte à regret l’atmosphère du Coq Vert et ses habitants.

___On regrette : On retrouve les défauts inhérents aux premiers tomes de saga, à savoir, un tome d’introduction qui permet la mise en place du décor et des personnages mais un scénario qui ne m’a pas convaincue, car trop lisse et édulcorée et manquant d’intensité et de véritables enjeux. Par ailleurs, je regrette aussi le rythme en dent de scie où scènes contemplatives alternent avec d’autres trop rapides.

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