« La maîtresse de Rome » de Kate Quinn

 

 

 

 

 

 

Résumé

___Jeune esclave juive soumise aux caprices de l’arrogante Lepida Pollia, sa maîtresse, Thea connaît pour la première fois le bonheur dans les bras du gladiateur Arius le Barbare, la nouvelle coqueluche de Rome. Mais leur idylle attise la jalousie de Lepida, qui s’emploie de son mieux à les séparer. Cette dernière n’est pas le seul obstacle à se présenter sur la route des deux amants. Grâce à ses talents de musicienne, la belle Thea ne tarde pas à être remarquée par un dangereux admirateur: l’empereur Domitien, un homme brillant mais cruel qui en fait sa favorite. Thea doit plus que jamais garder son amour pour Arius secret.

L’auteure

Kate Quinn

 

+__Kate Quinn est la fille d’un historien, et est diplômée de l’Université de Boston. Elle vit à Maryland avec son mari.

____« La Maîtresse de Rome » est son premier roman. « L’Impératrice des sept collines », son deuxième roman, paraîtra courant 2013.

 

 

 

Mon opinion

★★

___Malgré mes 3 ans de latin au collège, je dois admettre que mes connaissances quant à la période de l’empire romain demeurent assez limitées. De fait, je ne suis absolument pas en mesure de juger avec un oeil expert « La maîtresse de Rome » d’un point de vue historique et donc tout à fait incapable de relever d’éventuelles erreurs ou incohérences quant aux évènements réels sur lesquels l’intrigue est basée. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié la note concernant les références historiques à la fin de l’ouvrage dans laquelle l’auteure explique la part de véracité et de fiction de son roman et justifie certains de ses choix scénaristiques en fonction des recherches qu’elle a menées. Un souci d’exactitude et de précision qui m’a beaucoup plu et qui permet au lecteur de faire le tri en appréciant la part de réalité et d’invention du roman.

___Ceci étant dit, si les connaissances et les efforts de recherche de l’auteure quant à cette période semblent incontestables, dans la forme, je pense que Kate Quinn aurait pu enrichir son récit en descriptions et davantage approfondir le contexte historique de l’époque. Car bien que l’intrigue s’inscrive dans une période historique précise et repose en partie sur des faits et des personnages ayant réellement existés, « La maîtresse de Rome » tient davantage de la romance que du véritable récit historique selon moi.

___L’intrigue repose en effet sur le destin de Théa, une esclave juive dont la famille a été massacrée et qui s’est retrouvée au service de Lepida Pollia, sa jeune maîtresse de 14 ans. Alors que Théa doit faire face aux caprices incessants de Lepida et se plier aux désirs de son père, son chemin va croiser celui d’Arius, un célèbre gladiateur surnommé « Le barbare ». Entre les deux protagonistes naît rapidement une histoire d’amour mais leur idylle va être semée d’embûches et d’épreuves…

___Autour d’eux gravitent de nombreux autres protagonistes dont on va également suivre l’existence et dont les chemins ne vont cesser de se croiser. De Lepida, adolescente égocentrique et pourrie gâtée qui deviendra par la suite une femme manipulatrice et envieuse, à Domitien, empereur dangereux et cruel, ce sont autant de destins qui s’entremêlent au cours d’un récit alliant à la fois fiction et références historiques.

___Et c’est justement dans les parties où l’auteure a pris le plus de liberté que j’ai eu quelques difficultés durant ma lecture. Kate Quinn fait en effet parfois preuve d’une imagination trop exaltée à mon goût, donnant naissance à des scènes extravagantes voire tirées par les cheveux qui font quelquefois perdre à l’intrigue de sa profondeur et de sa crédibilité. J’ai également trouvé certaines « coïncidences » peu plausibles, et ceci se ressent d’autant plus en raison du manque de finesse de l’écriture.

___Car si j’ai globalement apprécié suivre les évènements et les personnages, j’ai en revanche quelques réserves concernant l’écriture (ou la traduction ?). Il y a un véritable décalage entre l’époque où est supposée se dérouler l’action et le style de l’auteure, beaucoup trop moderne et lisse. Le récit pâtit d’un manque de descriptions à mon goût et d’une écriture trop simple et pas assez fouillée. Au final, si cela se traduit par un sentiment d’efficacité et une intrigue rythmée, cela donne également l’impression d’un récit manquant de profondeur, d’autant plus que l’auteure ne s’attarde pas suffisamment sur les détails historiques à mon sens. Ainsi, si Kate Quinn parvient à retranscrire l’atmosphère de l’époque avec une certaine dextérité et à précipiter son lecteur au coeur du récit grâce à une intrigue captivante, je regrette qu’elle n’ait pas davantage développé le contexte historico-politique de l’époque. Les éléments mis à disposition du lecteur restant très superficiels à mon sens. En effet, l’auteure concentre ses descriptions sur les vêtements, et certains détails de la vie quotidienne mais nous livre finalement une image assez sommaire de la société de l’époque ; choisissant donc de privilégier l’action et la romance au détriment de certaines descriptions qui auraient pourtant permis de mieux ancrer son récit dans le contexte de l’époque et de lui faire gagner ainsi en consistance. De même, « La maîtresse de Rome » ne brille pas par ses dialogues que j’ai souvent trouvés creux et pas très percutants.

___Cette faiblesse dans l’écriture se retrouve également dans le portrait des différents protagonistes. Kate Quinn nous offre une galerie de personnages aux moeurs et aux caractères hétéroclites, et dont le mélange aboutit à une intrigue explosive. Mais ces forts caractères frôlent parfois la caricature. Les personnages manquent de finesse psychologique et sont globalement manichéens. Beaucoup d’entre-eux pourraient se réduire à un simple adjectif : Théa la combattante, Arius la brute, Lepida la manipulatrice, Marcus le sage… Ainsi, bien que l’auteure soit parvenue à susciter mon intérêt quant à leur devenir, je déplore cependant un manque de réalisme dans le traitement de ses personnages qui se révèlent stéréotypés.

___A mon sens, le véritable point fort de « La maîtresse de Rome » réside donc dans l’enchaînement parfaitement maîtrisé des évènements. L’intrigue est bien ficelée, riche, haletante et rythmée par de nombreux rebondissements de qualité. En effet, l’auteure ne fait preuve d’aucune complaisance envers ses personnages, ce qui confère à l’histoire une intensité certaine et une grande part d’imprévisibilité quant au devenir des différents protagonistes, lesquels se retrouvent parfois dans des situations inextricables. Car derrière le faste de l’époque, on découvre aussi certains travers: la débauche, l’avidité du pouvoir, les complots politiques… une noirceur qui loin de me déplaire donne un réel intérêt et un peu de profondeur à l’histoire, permettant en fin de compte de sauver une intrigue qui à défaut, se serait finalement réduite à une romance niaise et prévisible.

Un récit prenant grâce à une intrigue haletante, bien menée et riche en rebondissements mais où la romance prend constamment le pas sur l’aspect historique, insuffisamment développé à mon sens. L’auteure parvient cependant à maintenir notre intérêt intact jusqu’à la fin grâce à un scénario jouant avec les travers de l’époque et qui n’épargne pas les personnages. Néanmoins, on peut déplorer certaines scènes un peu trop « hollywoodiennes » ainsi que des personnages très manichéens et manquant de profondeur. Le récit pâtit également d’une écriture trop lisse et moderne avec des dialogues souvent creux. Un style qui certes, se révèle efficace car donne un rythme soutenu à l’intrigue mais qui concourt également à donner le sentiment d’un manque de profondeur, en particulier concernant l’aspect historique du récit. En dépit de certains défauts, « La maîtresse de Rome » reste néanmoins une lecture captivante de bout en bout qu’on lit avec plaisir et je serai curieuse de lire les prochains ouvrages de cette auteure.

En Bref

___On aime : Une intrigue très rythmée et riche en rebondissements de qualité. L’auteure ne fait preuve d’aucune complaisance envers ses personnages et utilise les travers de l’époque pour créer des retournements de situation inattendus et tenir ainsi le lecteur en haleine. L’histoire est bien ficelée et les évènements s’enchaînent d’une façon maîtrisée. Une lecture facile, et un bon page-turner.

___On regrette : Le style de Kate Quinn ne m’a pas convaincue : trop lisse, trop moderne avec des dialogues souvent creux. Les personnages sont stéréotypés et très manichéens. Enfin, j’aurais aimé que Kate Quinn développe davantage le contexte historico-politique de l’époque, la romance prenant ici le pas sur l’aspect historique du récit.

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